Le marcottage

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 Qu'est-ce que le MARCOTTAGE ? Le MATERIEL Toutes les étapes du marcottage

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Marcottage par couchage simple Marcottage des extrémitésMarcottage en serpenteau

Marcottage "à plat"Marcottage en cépéeMarcottage aérien

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PLANTES  A  MARCOTTER PLANTES D'INTERIEUR A MARCOTTER

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Qu'est-ce que le marcottage  ?

Le marcottage résulte de l'enracinement d'une branche couchée sur le sol alors qu'elle est toujours reliée à la plante mère . C'est ce qui distingue le marcottage du bouturage et c'est aussi grâce à ce lien que la marcotte offre beaucoup plus de chances de succès que la bouture. Extraite avec son propre système radiculaire et séparée de la plante mère, elle forme une plante indépendante et déjà bien développée. A l'exception de certaines plantes versicolores, la nouvelle plante est identique à son parent. Il a d'ailleurs été constaté qu'il y avait moins de risque de retour au type ou de mutation avec les plantes marcottées qu'avec celles qui ont été bouturées. 
Ce sont les plus souvent les yeux latents, c'est à dire les bourgeons enterrés qui vont émettre les racines. Dans la nature, le marcottage se produit naturellement, sans aucune intervention de l'homme, lorsqu'une branche suffisamment flexible, d'un arbre ou d'un arbuste, touche le sol et s'enracine. Prend alors naissance une nouvelle plante, cependant toujours reliée à la plante mère. Le chèvrefeuille, par exemple, est une plante grimpante qui se reproduit aisément par marcottage naturel, le forsythia également. Le marcottage n'est donc pas réservé exclusivement aux plantes grimpantes ou aux rameaux souples. 

Ce phénomène naturel , observé par les jardiniers du XIXe siècle, a été élaboré par ces derniers, en mode de reproduction facile et peu risqué, puisque le nouveau sujet reste alimenté par la plante mère tant qu'il n'a pas formé son système radiculaire. C'est seulement en effet après l'émission des racines que l'on peut constater en différentes parties du rameau en contact avec le sol, que le nouveau sujet peut être séparé de la plante mère (sevré) pour être transplanté ailleurs. Le temps d'enracinement des tiges marcottées est variable selon l'espèce utilisée et le processus prend généralement plus de temps que chez les tiges bouturées, mais les plantes marcottées présentent, d'une manière générale, une végétation plus rapide et plus vigoureuse. Le temps nécessaire à la reprise est variable, cela peut aller de quelques mois (groseilliers) à quelques années (magnolia), et il faut compter sur un minimum de trois à quatre mois.

Le procédé ressemble au bouturage de tige mais en plus facile. Il est employé pour bouturer les plantes ligneuses et n'affecte pas la plante mère, à l'exception de la tige utilisée à cette fin. On peut facilement marcotter quelques plantes directement dans ses plates-bandes, sans trop d'effort et sans difficulté. C'est donc un moyen de multiplication simple que l'on a pu décliner en différentes techniques pour lesquelles on optera selon les végétaux. Il a y diverses façons de réaliser le marcottage. Les techniques varient selon les caractéristiques de chaque plante. Il faut savoir enfin que le nombre de plantes produites par cette technique est beaucoup plus faible et les possibilités de marcottage sont beaucoup plus limitées que le bouturage. Il y a en effet de très nombreuses plantes qui ne peuvent pas être marcottées.  

 

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Matériel

L' équipement nécessaire pour marcotter est extrêmement réduit. Une houe peut être nécessaire pour ameublir le sol à côté de la plante afin d'y faire de la place pour la tige marcottée. Des ciseaux pour enlever les feuilles et un couteau à émondage, qui servira à faire une incision dans la tige ou à gratter l'écorce là où on veut que les racines poussent. Pensez à utiliser des outils bien aiguisés pour éviter de déchirer les tissus de la plante. Pour fixer la tige enfouie sous terre, on se servira soit d'une pierre plate, d'une brique, d'un bâton fourchu, d'un cavalier ou d'un crochet qu'on posera à cheval sur la tige. Un tuteur, inséré à côté de la pointe de tige qui émerge, servant ainsi de tire-sève, assure le support afin que cette pointe pousse droite et devienne une belle plante. Des liens pour l'y attacher. Pour les marcottes aériennes, prévoyez des sachets plastiques et de la mousse ou de la sphaigne. 

L'atout principal du marcottage est la facilité d'enracinement et la simplicité de la technique mise en oeuvre. Sachez juste trouver la tige en bonne santé au bon moment et le tour sera joué, avec un peu de patience.

 

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Toutes les étapes du marcottage

Pour mettre toutes les chances de son côté et réussir à coup sûr la reproduction d'une nouvelle plante par ces techniques de marcottage, il vous suffira de respecter ces quelques règles, communes aux types de marcottage ci-dessus.

Époque favorable : vous pouvez effectuer le marcottage à plusieurs moments de l'année, cela dépendra notamment du type de plante que vous voulez reproduire, et de la technique utilisée. Généralement ces opérations ont lieu à la fin de l'automne, en fin d'hiver ou au tout début du printemps, et en fin d'été pour les marcottes d'extrémité de tiges. Si le choix vous est donné préférez opérer au printemps, les résultats seront meilleurs. D'une manière générale, il faut attendre que les jeunes pousses soient suffisamment développées afin de pouvoir les utiliser. Le mois de juin est idéal pour la pratique du marcottage par couchage, et le mois de septembre conviendra très bien pour les plantes à bois pas trop dur.

Choix de la marcotte : repérez un long rameau souple et flexible situé près du sol. Les tiges jeunes et fermes, de un à deux ans, offrent la meilleure possibilité d'enracinement. En effet, le vieux bois s'enracinera moins facilement ou ne sera pas suffisamment flexible pour se courber jusqu'au sol sans se briser. Sélectionnez avec soin la branche que vous allez marcotter, elle doit absolument être parfaitement saine. Sur les rosiers, traitez contre les pucerons avant de pratiquer l'opération. Courbez le rameau vers le sol, en évitant surtout de le casser, et ouvrez une tranchée à l'endroit où le rameau touche le sol sans se casser.

Préparation du lieu : le lieu d'enracinement idéal pour la tige marcottée est à proximité immédiate de la plante mère afin d'éviter le risque de briser la tige ; si possible choisir un endroit ombragé l'après-midi pour garder le sol frais.
Comme un bon mélange d'empotage, le terreau du jardin doit être léger, bien aéré, humide. Là où le sol d'origine a tendance à rester très humide, préparez un endroit surélevé qui laissera l'eau de pluie s'égoutter. Ajoutez une bonne quantité de mousse de tourbe et de compost ainsi que du gros sable à une terre lourde pour l'amener à une consistance semblable aux mélanges vivants. Pour un sol sablonneux et sec, l'ajout d'un compost abondant contribuera à maintenir l'endroit frais et humide. Au lieu d'amender la terre, vous pouvez aussi la remplacer par un mélange à parts égales de mousse de tourbe et de vermiculite. N'ajoutez pas d'engrais. Travaillez et modifiez la terre sur une profondeur de 15 à 20 cm. Servez-vous d'une houe ou d'une truelle pour faire la tranchée ou les trous dont les bords seront légèrement incurvés. 
Les trous servant aux plantes dont on marcotte les extrémités doivent être préparés avec soin. Si le sol est sec, humidifiez-le avant de préparer la tige. 

Pendant le processus de formation des racines : un sol humide est l'élément vital de l'enracinement. La terre doit être suffisamment humide pour protéger les tendres et minuscules racines nouvelles, mais pas assez mouillée pour faire pourrir la tige. Ainsi, pendant le printemps et l'été qui va suivre, arrosez, binez (attention à ne pas écorcher la marcotte). Il est préférable de ralentir la perte d'humidité en recouvrant largement votre marcotte de compost, de paille ou d'écorce sur 3 à 5 cm d'épaisseur. Supprimez également les yeux et le feuillage qui se développent sur la partie du rameau situé entre la partie enterrée et la plante mère. Le sevrage de la marcotte pourra se faire quand vous constaterez que l'extrémité de la tige a progressé régulièrement et suffisamment. Aucun apport d'engrais n'est nécessaire.

Sevrage et Plantation : dégagez la terre en surface et tirez doucement sur le rameau pour constater la formation des racines sur la courbure. Si elles se sont étendues sur une dizaine de centimètres, vous pourrez en conclure que le sevrage peut être effectué. Il sera donc possible de couper le rameau à l'endroit où il pénètre dans le sol, côté plante mère. Utilisez toujours un couteau bien tranchant. Humidifiez bien la terre tout autour de la marcotte afin qu'elle colle aux racines et les protège pendant la transplantation (ou habillez-les avant la plantation). Glissez la bêche en dessous de la marcotte pour déterrer avec elle une grosse motte de terre. Transportez votre nouvelle plante à l'endroit que vous aurez choisi pour l'installer. Vous aurez pris soin au préalable de préparer le terrain qui l'accueillera en fonction des besoins de votre sujet. Plantez et formez une cuvette au pied de votre nouvelle plante et arrosez au goulot. Pour finir raccourcissez la tige afin de favoriser le développement des branches latérales. Prenez ensuite toutes les précautions nécessaires pour protéger le nouveau sujet de la sécheresse ainsi que des rigueurs de l'hiver qui va suivre.

Au cas où le système radiculaire n'est pas aussi fourni que nécessaire, vous pouvez soit laisser le processus se poursuivre en rebouchant la tranchée, sans oublier d'arroser, soit transplanter votre plante dans un pot de mélange de terreau vivant jusqu'à ce qu'elle soit assez vigoureuse pour être replantée définitivement. Si la nouvelle plante commence à se faner, coupez les tiges à moitié de leur longueur totale pour réduire leur demande en humidité, couvrez-la d'un dôme de plastique transparent et installez-la dans une douce pénombre jusqu'à ce qu'elle soit complètement ragaillardie.

 

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Marcottage par couchage simple

Plantes concernées : il est bien entendu que seules les plantes aux branches souples, ou les espèces qui émettent des branches ou des rejets depuis la base peuvent se soumettre à cette marcotte. Exemple, le rhododendron.
Époque conseillée : le mois de juin est idéal pour la pratique de cette technique. Le mois de septembre convient aussi très bien pour les plantes à bois pas trop dur.

C'est en quelque sorte la technique de base du marcottage. Il s'agit de courber un rameau et de l'enfouir dans le sol sur une partie de sa longueur. L'extrémité de la tige choisie deviendra la nouvelle plante. La tranchée où le rameau sera enterré doit être profonde d'une dizaine de centimètres. Courbez votre rameau pour repérer l'endroit où il sera en contact avec le fond de la tranchée quand il sera mis en place car c'est ici que se produiront les racines. Avec un couteau à émondage bien aiguisé, enlevez les feuilles sur toute la longueur du rameau qui doit être enterrée, en les nettoyant bien de la tige et en laissant uniquement celles du bout de la tige. Vous pouvez entailler l'écorce à l' endroit prévu pour l'apparition des racines sur une longueur de 2 à 5 cm. Puisque le plus souvent ce sont les yeux latents enterrés qui émettent les racines, entaillez juste sous un oeil. Il est possible également d'effectuer une légère incision à la base de chaque oeil enterré. Appliquez la poudre d'hormone sur cet endroit ainsi que sur les yeux auxiliaires. Pour un meilleur résultat, il est nécessaire que la partie enterrée comporte au moins 3 yeux. Courbez maintenant le rameau à l'intérieur de la tranchée. Ne prononcez pas trop l'inclination du rameau pour ne pas risquer de faire éclater le bois. Laissez-le prendre une courbe naturelle, puis maintenez-le dans cette position à l'aide de quelques cavaliers ou crochets piqués profondément dans le sol, de pierres ou de briques. Recouvrez-le du mélange que vous avez préparé et rebouchez la tranchée en tassant bien. Relevez doucement l'extrémité de la tige qui émerge du sol pour l'attacher contre un tuteur afin qu'elle puisse pousser à la verticale. Attacher la tige au tuteur avec des liens sans l'étrangler. Si elle est trop haute, vous pouvez rabattre la pousse à quelques yeux au-dessus du niveau du sol. Tassez énergiquement la terre sur la marcotte et arrosez pour finir. Le temps nécessaire à la reprise est d'une saison complète avec les plantes souples et deux ans pour les marcottes ligneuses.

On peut pratiquer la même technique en utilisant un pot en terre. Pour cela, la tranchée doit mesurer environ 40 cm de longueur, de largeur et de profondeur. Couchez au milieu de la tranchée un pot en terre de 30 cm de diamètre. Passez le rameau par le trou de drainage et recouvrez-le totalement de terre. Maintenez-le par quelques cavaliers en fer. Plantez un tuteur près du bord du pot. Relevez délicatement le rameau et attachez-le à ce tuteur. Recouvrez entièrement le pot de terre, tassez et arrosez : le rameau va s'y enraciner et sera protégé d'éventuels coups de bêche.

 

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Marcottage des extrémités

Plantes concernées : les plantes grimpantes à croissance vigoureuse, comme les rosiers lianes, les ronces, ou les espèces souples dotées d'un fort pouvoir d'émission de rejets comme les framboisiers et les cassissiers. Elle ne concerne que les plantes à feuillage assez tendre qui se décompose rapidement une fois enterré. 
Époque conseillée  : cette technique se pratique au printemps, fin mai-début juin, quand la plante a développé un jeune rameau d'au moins 70 cm, ou en fin d'été.


Cet autre méthode de reproduction profite de la faculté qu'a l'extrémité des tiges de certaines plantes à s'enraciner naturellement. Les branches âgées d'un an se courbent jusqu'au sol, enfonçant la pointe dans la terre. Des racines sont alors produites à cet endroit produisant ainsi une nouvelle plante. Pour préparer cette opération de  marcottage enlevez toutes les grandes feuilles près du bout de la tige préparée pour l'enfouissement. L'hormone d'enracinement n'est pas nécessaire.  Pour empêcher toute croissance ultérieure et reprogrammer la tige en vue du développement de racines, organisez l'extrémité du trou de plantation pour en faire un mur droit et solide. Vous enterrerez seulement le pointe de la tige sur 10 ou 15 cm environ, en appuyant fortement l'extrémité contre le mur du fond. Couvrez, ancrez la tige et arrosez. Quand la ou les nouvelles pousses sortent de terre, buttez-les sur 5 ou 10 cm pour augmenter l'importance de l'enracinement. Tuteurez éventuellement les tiges des plantes grimpantes pour les canaliser. Pour les marcottes effectuées au printemps, la saison de croissance est en général suffisante. Vous devriez pouvoir sevrer votre nouvelle plante fin septembre. Il est possible que certains sujets bien vigoureux vous offrent deux nouvelles pousses que vous pourrez utiliser individuellement.

 

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Marcottage  "en serpenteau"  -  ou  "en enclos"

Plantes concernées : cette technique exige des plantes à rameaux très longs et très souples. C'est la cas de la glycine, les ronces, l'aristoloche, le chèvrefeuille, la vigne qui se marcotteront en pleine terre. Les clématites, les passiflores et les akebias seront marcottées en pots ou en jardinières. 
Époque conseillée  : les plantes à grandes feuilles sont de préférence marcottées en automne, quand le bois est dénudé. Les espèces à feuillage plus réduit pourront l'être dans le courant du printemps.

Le procédé est le même, mais il est dit "en serpenteau" dans la mesure où l'on peut courber le rameau plusieurs fois sur sa longueur. Ceci suppose donc que ce dernier soit suffisamment long et flexible pour subir un tel traitement sans rompre, et on le choisira jeune de préférence. Ce procédé présente l'avantage de produire plusieurs nouveaux sujets à partir d'un seul rameau. Pour réaliser ce type de marcottage, commencez par ôter toutes les feuilles des portions qui seront enterrées, puis courbez le rameau, en lui faisant faire autant d'arceaux que sa longueur le permet, en l'enterrant et en le laissant émerger du sol successivement, le bout de la tige restant toujours maintenu verticalement et attaché. La finesse des tiges de ces plantes ne permet pas que l'on y pratique des incisions, le mieux est de pratiquer une légère torsion des tissus à l'endroit où la tige est enterrée. Pendant la végétation, pincez régulièrement les pousses qui se développent sur les arceaux hors-sol pour concentrer la sève sur les parties enterrées, facilitant ainsi l'émission des racines. Les nouvelles plantes seront ensuite sevrées de la plante mère, puis transplantées dans les mêmes conditions qu'évoquées pour la marcotte simple. Il faudra compter une année complète pour que la reprise soit effective. Sevrez en avril-mai les marcottes de printemps et en septembre celles effectuées en automne. Si vous avez utilisé une jardinière pensez à arroser très régulièrement car la terre s'y dessèche très rapidement.

 

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Marcottage   "à plat"  -  ou  "chinois"   -  ou  "à long bois"

Plantes concernées : essentiellement les plantes grimpantes et sarmenteuses, par exemple, le chèvrefeuille, le lierre, la vigne. 
Époque conseillée  : pratiquez au printemps, début juin étant idéal, en pleine terre ou en jardinière.

L'intérêt de cette technique est aussi de produire de nombreuses marcottes à partir d'un seul rameau provenant de la plante mère. Mais à la différence du marcottage en serpenteau, le procédé consiste ici à coucher horizontalement le rameau à marcotter dans une tranchée de 10-15 cm sur toute sa longueur. Vous aurez pris soin auparavant d'enlevez toutes les feuilles sur la partie du rameau à enterrer. Relevez la pointe sur une vingtaine de centimètres et attachez-la à un tuteur. Au bout de quelques mois, vous verrez apparaître de jeunes pousses issues de chaque oeil enterré, à l'emplacement où le rameau se trouve enterré. Maintenez le sol propre et frais, et faites quelques apports de terreau afin de favoriser le développement des nouvelles pousses ainsi que leur enracinement. Prélevez ensuite les marcottes en les séparant individuellement de la plante mère et transplantez-les. Si elles vous semblent peu formées, repiquez-les provisoirement en pépinière où elles finiront de se développer. Une saison est en général suffisante pour la reprise. 

 

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Autre type de marcottage, autre technique : le  Marcottage en cépée

Plantes concernées : toutes les plantes qui émettent facilement des rejets à partir de la base, comme les framboisiers et les groseilliers, le cognassier, le forsythia, le noisetier, les prunus buissonnants, etc. 

Désignée aussi sous le nom de marcottage "en butte", cette technique consiste à provoquer l'émission de marcottes à partir de la base d'un l'arbuste. Elle s'applique aux arbustes dont les branches ne peuvent être courbées vers le sol. Les pépiniéristes utilisent cette technique pour produire des porte-greffes. Dans cette technique, la plante entière est consacrée au marcottage. Après avoir choisi votre sujet qui devra avoir poussé sur ses propres racines, rabattez les branches de l'arbuste à une vingtaine de centimètres au-dessus du sol, en automne ou en hiver. Recouvrez-les en formant une butte de terre légère ou de terreau. Au printemps suivant, de nombreuses pousses apparaîtront. Au fur et à mesure de leur développement, ramenez de la terre à leur base en les recouvrant aux 2/3 de leur hauteur, et montez ainsi la butte progressivement jusqu'à ce qu'elle atteigne 50 cm de hauteur. Le sevrage intervient à l'automne, ou en hiver, pendant la période de repos végétatif, voire au tout début du printemps suivant. Vous constaterez, après avoir dégagé complètement l'arbuste de la terre qui le recouvrait, que des racines se sont formées à la base de multiples pousses. Sectionnez ces dernières sous le système radiculaire et transplantez-les. Si l'opération a lieu durant l'hiver, ne plantez pas s'il y a risque de gelée. Une fois les marcottes sevrées, il est possible de recommencer l'opération avec la même souche.

Le sevrage et la transplantation se pratiquent comme pour le marcottage simple (cf. ci-dessus)

 

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Marcottage aérien par entaille ou annulaire

Plantes concernées : Cette méthode s'applique surtout aux plantes d'appartement dont le bouturage s'avère difficile, mais ayant la particularité de produire assez facilement des racines aériennes. Sur les ficus, philodendrons, cordyline, dracaena, yucca, aralia, etc. on pratiquera une entaille sur la tige, alors que sur les plantes dont l'écorce se détache facilement, tels le caoutchouc, le dracaena ou le dieffenbachia, on enlèvera un morceau d'écorce en formant tout autour de la tige un anneau de 1 cm de hauteur. On peut aussi se servir de ces techniques pour les conifères et pour le magnolia. Essayez aussi cette technique sur la glycine, la viorne, le lilas et le rhododendron.
Époque conseillée  : c'est toujours au printemps, au redémarrage de la végétation qu'il faut pratiquer cette technique.

Le marcottage est dit ici "aérien" car il ne se pratique pas en enterrant le rameau, les tiges trop raides des espèces concernées ne le permettant pas. Supprimez les feuilles sur une portion de la tige (sur une dizaine de centimètres environ), ou utilisez une partie naturellement sans feuilles. Deux techniques s'offrent à vous, à l'endroit que vous avez choisi pour faire démarrer l'émission de racines, soit vous incisez l'écorce de façon à dégager un anneau d'environ 1 cm de longueur, soit vous incisez obliquement, en limitant à 1/3 du diamètre de la tige. Glissez une allumette à l'intérieur de l'incision pour la maintenir ouverte. Vous choisirez l'une ou l'autre des pratiques en fonction du sujet que vous travaillez.  Déposez un peu de poudre d'hormones sur la partie dénudée de son écorce avant de l'entourer d'un mélange de tourbe et de sable ou d'un manchon de sphaigne. Un mélange spécial orchidées convient parfaitement, ou plus simple, un bon morceau de coton hydrophile. Pour faciliter le maintien du mélange terreux, utilisez un pot en tourbe que vous aurez ouvert par moitié sur toute la hauteur.  Emmaillotez  le tout dans un sachet plastique noué aux deux extrémités de la marcotte, serrez bien le lien du bas, laissez celui du haut un peu lâche pour permettre l'alimentation en eau du substrat qui doit être maintenu humide en permanence. Le succès de votre entreprise va dépendre des soins que vous allez apporter à la plante entière et à la marcotte : arrosez convenablement la plante et faites des apports d'engrais réguliers. Arrosez votre marcotte dès que les gouttelettes de condensation ont disparu des parois du sachet. Les racines vont se développer dans ce milieu propice, émises à partir des yeux placés au-dessus de l'incision. Pour éviter le dessèchement, n'exposez pas votre plante au soleil direct . Par contre maintenez, si possible, une température constante supérieure à 20°C. Quand vous constaterez l'apparition de racines à travers le sachet c'est que vous pourrez sevrer la marcotte. Défaites alors le manchon et coupez sous les racines. Pour les plantes d'intérieur, il faut compter 2 à 3 mois pour que les racines soient suffisamment développées. Rien n'empêche cependant que vous attendiez le printemps suivant pour sevrer votre marcotte. Pour les plantes de jardin, il faudra un an.

Le sevrage et la transplantation se pratiquent comme pour le marcottage simple (cf. ci-dessus)

 

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Plantes à multiplier par marcottage

Aubépine (Cratægus)  
Géranium  
Campanules  
Clématites marcottage par couchage en pot ou en serpenteau ***
Cotinus coggyria  
Euonymus  
Glycine (Wisteria) marcottage à long bois ou en serpenteau **
Jasmin marcottage par couchage ou en serpenteau ***
Magnolia  
Myrtille (Vaccinium angustifolium)  
Poirier (Pyrus)  
Rhododendron marcottage par couchage simple ***
Rosier  
Seringat (Philadelphus coronarius) marcottage en cépée **
Thym (Thymus)  
Bruyères marcottage en cépée ***
Cognassier du Japon marcottage en cépée *
Noisetier marcottage en cépée ou par couchage simple *
Groseillier à fleurs (Ribes)  marcottage par couchage simple **
Vigne marcottage par couchage ou à long bois *
Framboisier noir et pourpre (Rubus idaeus et R. occidentalis) marcottage par couchage simple, ou indifféremment à long bois ou en serpenteau ou marcottage des extrémités,  ou en cépée*
Mûrier traînant (Rubus) marcottage par couchage simple, ou indifféremment à long bois ou en serpenteau ou marcottage des extrémités *
Mûrier des haies (Rubus caesius) marcottage par couchage simple, ou indifféremment à long bois ou en serpenteau ou marcottage des extrémités *
Avelinier et noisetier (Corylus)  
Anthémis nobilis  
Chèvrefeuille (Lonicera) marcottage par couchage simple, en serpenteau ou à long bois *
Cognassier (Cydonia oblonga) marcottage en cépée *
Deutzia  
Forsythia marcottage en cépée 
Hortensia (Hydrangea petiolaris) marcottage par couchage **
Lierre (Hedera) marcottage à long bois *
Mahonia (Vitis rotundifolia)  
Pommier (Malus)  
Romarin (Rosmarinus officinalis prostratus)  
Sarriette des montagnes (Satureja montana)  
Spirée (Spiraea)  
Kiwi (Actinidia) marcottage par couchage simple **
Lilas marcottage aérien par entaille ***
Potentille marcottage par couchage simple *
Viburnum marcottage par couchage simple **
Vigne-vierge marcottage en serpenteau *
Oeillet (Dianthus)  
Cassissier  marcottage en cépée ou de l'extrémité des rameaux *
Rosiers lianes marcottage de l'extrémité des rameaux
Celastrus marcottage à long bois
Aristoloche marcottage en serpenteau
Passiflore marcottage en serpenteau
Akebia marcottage en serpenteau
Hibiscus  marcottage aérien par entaille
Laurier rose  marcottage aérien par entaille
Érables marcottage aérien par entaille

 

Plantes d'intérieur à marcotter

Aglaonema marcottage aérien par entaille ***
Croton marcottage aérien par entaille ****
Dieffenbachia marcottage aérien par entaille ***
Ficus benjamina marcottage aérien par entaille **
Philodendron marcottage aérien par entaille ***
Schefflera marcottage aérien en couronne **
Ficus elastica (Caoutchouc) marcottage aérien en couronne **
Ceropegia marcottage par couchage en pot *
Chlorophytum marcottage par couchage en pot *
Cissus marcottage par couchage en pot **
Lierre marcottage par couchage en pot *
Saxifrage marcottage par couchage en pot *
Cordyline marcottage aérien par entaille
Dracaena marcottage aérien par entaille
Yucca marcottage aérien par entaille
Aralia marcottage aérien par entaille
Dieffenbachia marcottage aérien en couronne

 

Degrés de difficulté : * très facile  ; ** facile ; *** assez difficile ; **** très difficile