Les bonzaïs

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Les bonsaïs se révèlent sensibles au froid, même lorsqu'ils sont formés à partir d'arbres normalement rustiques. Leur potée réduite livre en effet leurs racines aux gelées. Pensez-y et ménager-les en les installant dans un grand port ou une caissette et en comblant le vide avec du sable ou, mieux encore, des copeaux de mousse plastique, isolante et imputrescible.

Délicates miniatures. Après un engouement un peu désordonné, les bonsaïs ont trouvé leurs vrais amateurs, qui les cajolent comme il se doit. Si vous en faites partie, songez qu'aux soins spécifiques s'ajoute le risque de coup de chaud, aussi fatal à ces arbres en pot qu'un gel excessif, car il dessèche leurs racines sans rémission. Même si l'espèce retenue demande d'ordinaire le plein soleil, offrez-lui plutôt la mi-ombre. Outre les bassinages (feuilles et racines) plusieurs fois par jour (sauf quand ils sont en fleurs), et surtout si vous n'êtes pas là tous les jours, enfouissez la potée dans des gravillons fin, jusqu'au départ du tronc, mais évitez la tourbe trop humide, et la mousse, vite desséchée.

Soignez les bonzaïs, en Hiver : ils peuvent rester dehors si vous leur aménagez une retraite hivernale un peu protégée. Regroupez-les le long du mur le plus abrité de la terrasse, dans une caisse (qui peut être de polystyrène expansé) remplie de sable, de billes d'argile, de vermiculite, de tourbe ou d'écorces. Il est en effet indispensable de protéger la motte, qui reste la partie des arbustes la plus sensible au froid. Veillez à bien percer la caisse pour permettre l'évacuation de l'eau. Lors d'un hiver normal, la partie aérienne n'aura pas besoin d'être plus protégée, sauf celle des plantes greffées, mais les vrais bonzaïs ne le sont généralement pas.

Multiplier les conifères. Il est toujours amusant et passionnant de produire soi-même quelques jeunes plants. Chez les conifères, la croissance des premières années est souvent assez lente, d'où le peu d'intérêt à chercher à décorer son jardin par ce moyen. Mais c'est l'occasion d'obtenir des plants qui pourront pendant un temps agrémenter un bac ou une jardinière. Vous pouvez également "travailler" les jeunes conifères pour les conduire en bonsaïs. Dans le cas des grandes propriétés, c'est l'occasion de substantielles économies pour la réalisation des haies.
Le semis. C'est une technique employée quasi exclusivement pour les essences forestières. Au niveau amateur, on trouve un bon échantillon de graines de conifères qui seront l'occasion de réaliser des expériences intéressantes. La levée étant très hétérogène, vous allez obtenir des plants de toutes formes, de toutes vigueurs. C'est le principal défaut de la multiplication par semis. Pour les amateurs de bonsaïs en revanche, cela peut être un avantage. Les semis s'effectuent de préférence en avril, en terrine sous abri. Les jeunes conifères lèvent après 3 à 4 semaines. Repiquez-les quand ils ont atteint 5-6 cm de hauteur. N'oubliez pas de couper le pivot (la racine principale) de la moitié de sa longueur environ. Semez toujours dans un substrat inerte à base de vermiculite, de tourbe blonde et de sable de rivière car les conifères sont assez sensibles à la fonte des semis. Après le premier repiquage, laissez les jeunes plantes doubles de longueur et ensuite empotez chaque conifère individuellement.

Rempotez les bonsaïs : le début du mois de mars est idéal pour rempoter les petits arbres. Les racines et les rameaux taillés surmonteront rapidement l'opération et ils reprendront vigoureusement. Notez la date de votre intervention. En fonction de l'état de la motte, on rempote généralement les arbres de moins de 5 ans chaque année, ceux de 5 à 20 ans, tous les 2 ans, et les autres tous les 3 ans. Raccourcissez les racines d'un tiers environ, en évitant de toucher aux plus grosses. Utilisez un sécateur parfaitement affûté pour ne pas hacher le bois. Dans le fond de la terrine, placez un épais drainage. Avant de replacer l'arbre dans on récipient, trempez la motte.

En décembre, contrôlez les potées mises à l'abri pendant l'hiver, et baignez-les lorsque la motte est sèche.

Si votre bonsaï fait grise mine à votre retour de week-end, réanimez-le en le plongeant immédiatement dans une cuvette d'eau. Lorsque les bulles d'air ont fini de remonter à la surface, la motte est parfaitement humidifiée. En couchant ensuite directement dans la cuvette l'ensemble du bonsaï affaibli, l'eau remontera plus facilement dans les tissus jusque dans les parties les plus hautes de la plante. Une technique éprouvée par les spécialistes.

En avril, donnez de l'engrais aux espèces d'intérieur qui ne sont pas rempotées. Commencez ces apports vers le 15 de ce mois. Utilisez un engrais dissous dans l'eau et effectuez toujours un premier arrosage avant cet apport de nourriture.

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Quels sont les arbres et arbustes du jardin qui acceptent de se prêter à la nanification ?
Un grand nombre d'espèces d'extérieur se prêtent aux techniques des bonsaïs :
- presque tous les conifères : cèdres, faux cyprès, cryptomeria, genévrier de Chine et de Corée, mélèze, pin, if, ginkgo biloba),
- divers arbres à feuillage caduc : érables, bouleau, charme, micocoulier, hêtre, chêne, saule, orme, zelkova,
- des arbustes à fleurs et à fruits : berbéris, camélia, chaenomeles, cotoneaster, houx, pommier, amandier, abricotier japonais, pyracantha, rhododendron, spirée, lilas,
- des plantes grimpantes : vigne vierge, glycine.
Il faudrait ajouter à cette liste diverses espèces adaptées au climat méridional et des arbres exotiques.

 

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