Les conifères

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Ce vocable de "conifères", plus ou moins synonyme de "résineux" ou d'arbre "à feuillage persistant", couvre d'une façon plus générale tout un groupe botanique, les gymnospermes, qui comprend aussi des espèces sans résine ou sans cône, comme les ifs ou d'autres qui peuvent perdre leurs aiguilles pendant l'hiver, comme les mélèzes. Le terme de gymnosperme signifie "graines nues". Contrairement aux plantes plus évoluées qui protègent leur semence dans des fruits, les conifères fructifient en cônes (d'où leur nom) qui s'ouvrent à maturité, laissant la graine apparente. Ce règne végétal compte quelques 416 espèces et 7 familles dont les ancêtres remontent à l'ère secondaire, il y a plus de 300 millions d'années. Le plus ancien conifère vivant est le Ginkgo biloba dont on a retrouvé des traces fossiles datant de plus de 160 millions d'années. En France, il existe des ifs depuis 120 millions d'années. Les conifères représentaient à cette époque environ 40 % de la flore terrestre. Apparus sur terre juste après les fougères et bien avant les feuillus, les herbes et les fleurs des champs, les conifères ont survécu alors que d'autres ordres botaniques ont aujourd'hui disparu. Les espèces cultivées ont souvent une origine lointaine : elles proviennent de toutes les régions montagneuses du monde, de zones à hiver rude ou à climat chaud. C'est parmi les conifères que l'on trouve les plus vieux arbres du monde. Le record officiel appartient à un Pinus longaeva abattu dans la Sierra Nevada aux USA en 1964. Il avait environ 5100 ans. L'âge estimé du Pinus aristata de Californie est de 4768 ans. On pense que les séquoias pourraient atteindre l'âge de 6000 ans et que certains cryptomérias dépasseraient 7000 ans au Japon. Chez nous, il n'est pas rare de rencontrer, à proximité d'églises ou de cimetières, des ifs dont l'âge dépasse le millénaire. 
Le plus gros arbre connu est un Sequoiadendron giganterum californien. Il dépasse 83 m de hauteur et frôle les 35 m de circonférence. Le plus grand arbre vivant est aussi un Sequoiadendron giganteum de Redwood Creek en Californie qui atteint 110 m. En France, c'est le sapin de Russey dans le Doubs qui, avec ses 53 m est le plus grand arbre. A l'inverse, on trouve chez les conifères le record de la croissance la plus lente chez un arbre : un sapin de Stika, dans les régions arctiques n'a grandi que de 28 cm en 98 ans.
La botanique des conifères n'est pas très compliquée, les 416 espèces connues étant divisées en 7 familles renfermant des genres bien distincts. Reste que l'identification des conifères sur le plan des espèces est un travail de spécialistes. 
Les pinacées ou abiétacées est la famille la plus importante avec 9 genres dont les pins, cèdres, sapins et mélèzes et 300 espèces.
Les araucariacées comprennent deux genres de conifères tropicaux, Araucaria et Agathis, la résine de ce dernier étant utilisée dans la composition des laques chinoises. 
Les podocarpacées renferment 8 genres et 130 espèces, les podocarpus comprenant à eux seuls une centaine d'espèces.
Les taxodiacées sont les géants de la famille avec les séquoias. On trouve aussi parmi eux le cyprès chauve (Taxodium), en tout une dizaine de genres et près de 30 espèces.
Les cupressacées sont les plus importants avec 18 genres. Ils regroupent des plantes très importantes pour les jardins comme les cyprès, thuya, chamaecyparis et juniperus.
Les céphalotaxées ne comprennent que le genre ceplalotaxus et ses 5 espèces.
Les taxacées sont représentés par 5 genres, mais surtout l'if.
Les conifères diffèrent notamment des autres végétaux par leurs feuilles réduites à l'état d'aiguilles ou d'écailles et par leurs fruits appelés "cônes" ou "pommes de pin", considérés très souvent comme des synonymes. Mais plus exactement, le "cône" est le terme général désignant le fruit des conifères. Il est constitué d'écailles et porte soit une forme conique soit une forme plutôt ronde. Si les écailles sont assemblées le long d'un axe, elles constituent effectivement les "pommes de pin" des pins, sapins, mélèzes et tsugas. Si elles sont assemblées en un point, elles forment des sortes de boules, rondes ou légèrement allongées, que l'on trouve chez les thuyas, cyprès et faux cyprès et qu'on appelle strobiles. D'autres conifères portent des baies (genévriers, ifs). La forme des fruits est un caractère distinctif important entre les différents genres et espèces de conifères. Ils sont souvent, de par leurs formes et leurs couleurs, très originaux et très beaux. La répartition très régulière et harmonieuse des écailles constitue une véritable oeuvre d'art. 
Bien que très dissemblables, les fruits des conifères obéissent tous aux mêmes principes pour leur formation et diffèrent en cela beaucoup des feuillus. Il existe deux types de cônes, les mâles et les femelles. Souvent un arbre porte les deux, mais chez certains genres (if, ginkgo), ils sont par deux arbres différents. Le rôle des cônes mâles est de produire le pollen en fin d'hiver ou au début du printemps. Le vent distribue ce pollen qui atteint les cônes femelles. Puis dans certains cas, les cônes femelles grossissent, se lignifient puis s'ouvrent et libèrent leurs graines dès l'automne ou l'hiver suivant, comme chez les sapins, les thuyas, les chamaecyparis, les ifs, les mélèzes, les séquoias, les épicéas et chez certains genévriers. Mais les fruits ne tombent pas forcément tout de suite et ils peuvent persister sur l'arbre encore un an ou deux. Dans d'autres cas, ils restent verts et hermétiquement fermés la première année. Ce n'est que l'année suivante (et parfois même la troisième année seulement à qu'ils deviennent bruns et secs et s'ouvrent pour libérer leurs graines. C'est ce qui se passe chez les pins, les cèdres, les cyprès et chez certains genévriers. Mais là aussi, soit le cône tombe entier avec ses graines, soit il libère d'abord ses graines en se désagrégeant écaille par écaille. Tombées sur le sol, les graines ne germent pas immédiatement : elles sont en dormance. La vie n'y continue qu'au ralenti pour ne se ranimer qu'après une période de repos et de froid, dès que les conditions seront favorables à la germination.
D'un point de vue botanique, les conifères portent des feuilles. Elles sont toutefois si réduites qu'elles deviennent des "écailles" chez les thuyas, cyprès et faux cyprès (on parle de feuilles "squamiformes") de des "aiguilles" comme chez les pins et les sapins (feuilles "aciculaires"). Les écailles recouvrent entièrement les rameaux en s'imbriquant les unes dans les autres. Leur dessin et leur imbrication sont caractéristiques de chaque espèce et permettent une identification précise. Les aiguilles peuvent être courtes comme chez les genévriers communs, moyennes comme chez les sapins ou longues comme chez les pins. Les plus longues (25 cm) appartiennent au Pinus montezumae, originaire du Mexique. Les feuilles persistent plusieurs années (trois ou quatre) sur leur branche et ce sont elles qui donnent aux plantes leur aspect toujours vert. Bien sûr, il existe des exceptions, les mélèzes, les métaséquoias et les cyprès chauves changent d'aiguilles chaque année. Elles sont réunies dans une gaine commune par deux, trois ou cinq chez les pins, ou forment de petits bouquets, ou fascicules, chez les mélèze et le cèdre. Et le dernier, celui qui fait exception en tout, c'est le Ginkgo biloba qui lui porte de vraies feuilles, caduques, comme les hêtres ou les chênes. 
Le feuillage des conifères est riche en substances aromatiques, les uns évoquant la citronnelle, d'autres des odeurs désagréables. Ces arômes alliés à la résine contribuent fortement aux ambiances particulières des lieux plantés de conifères. Le tapis d'aiguilles sèches acidifie beaucoup et stérilise parfois le sol dans les peuplements importants. La pharmacopée fait largement appel aux vertus expectorantes et tonifiantes des essences contenues dans la résine des pins. 

Dans la nature, les conifères ont été supplantés en bien des endroits par les arbres feuillus. Mais ils ont beau avoir côtoyé les dinosaures, ces arbres n'en sont pas moins très modernes et l'homme a vite découvert leur intérêt économique. Ils poussent rapidement, nécessitent peu d'entretien, s'accommodent très bien de la plupart des sols et des expositions. Ils fournissent l'essentiel du bois destiné à la fabrication de la pâte à papier, ils sont devenus des bois de construction courants, même si leur solidité n'est pas comparable à celle du chêne ou du châtaignier. On apprécie leurs troncs droits et réguliers, très bien adaptés à la fabrication de planches ou de poutres. La forte teneur en résine du bois des pins leur donne une excellente résistance aux intempéries et aux agressions extérieures. L'exploitation depuis des temps lointains de cette résine nous a donné différents produits tels que l'essence de térébenthine, la poix et le brai qui permettaient de calfater les bateaux ou de protéger les bois. Elle a également connu de multiples usages médicinaux. C'est aussi l'ingrédient numéro un de l'encens. Ainsi, en Inde, les cèdres de l'Himalaya finissent en fumée...
Mais c'est surtout dans le jardin que les conifères ont acquis leurs lettres de noblesse en raison du nombre vraiment impressionnant de variétés obtenues par les pépiniéristes notamment depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Ils ont des formes, des hauteurs et des textures très variées et pour la quasi totalité, ils ont le bon goût d'être persistants. Qui plus est, on en trouve dans toutes les nuances de verts, mais aussi des jaunes, des bleus, des gris et même des roux. Des statures pyramidales ou colonnaires, au port rampant et tapissant, sans oublier les "prostrés", étranges et plein d'humilité, il y en a pour tous les goûts. Au printemps, ils sont les premiers à faire revivre le jardin, à l'automne, ils offrent un décor de rêve émergeant des brumes matinales, et pour finir, ils vivent très longtemps. Certaines espèces sont même devenues de très grandes vedettes comme le thuya, le cyprès, le sapin bleu, l'if ...

 

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Dans la mesure du possible il vous est conseillé d'acheter vos conifères chez des spécialistes. Vous y trouverez le choix le plus large, en général une bonne qualité et surtout des sujets de toutes les tailles, sans oublier les conseils de vendeurs bien avisés. Quant au prix des conifères, vous constaterez des écarts très importants qui sont justifiés par une multiplication plus ou moins aisée et la rapidité de croissance de la plante. C'est ainsi que les conifères nains sont en général plus chers que les grandes espèces. De même les sapins bleus ou les cèdres pleureurs qui nécessitent un greffage coûtent plus cher que les thuyas qui se bouturent sans problème. Les greffes permettent aussi de résoudre certains problèmes d'incompatibilité avec certains sols. Vous pouvez donc trouver des cyprès de Leyland greffés sur des cyprès de Provence qui leur permettent ainsi pousser dans les terres sèches et calcaires alors qu'ils les préfèrent fraîches et profondes. Ces plantes valent, bien sûr, plus cher que celles issues de boutures, mais la réussite est assurée.

En faisant vos choix de conifères, renseignez-vous bien sur les dimensions futures de vos arbres pour éviter qu'au bout de quelques années, les dimensions de certains ne viennent déséquilibrer un massif. Mieux vaut dans un premier temps effectuer des plantations un peu espacées plutôt que d'être obligé d'éliminer certains sujets au bout de quelques années.
Évitez les ombrages trop denses avec les résineux sinon la végétation plus basse aura beaucoup de mal à se développer. Car en effet, outre l'aspect immuable et statique de ces plantes, il faut reprocher aux conifères une tendance acidifiante au niveau du sol. Vous avez en effet dû remarquer qu'il ne poussait pratiquement rien sous les futaies de conifères. Cela s'explique par le bouleversement que leur présence crée sur le plan biochimique avec rupture d'équilibre dans la flore microbienne. Ceci entraîne une diminution des processus d'humification. L'activité biologique du sol se réduisant, il perd sa valeur nutritive. Notez aussi que le nombre des vers de terre diminue très sensiblement dans les bois de conifères. Et l'on a constaté que l'eau qui ruisselait à travers la couche d'aiguilles de pins qui jonche le sol des sous-bois, se chargeait de substances toxiques pour les poissons.

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